

Dégradation et régénération des terres au Mozambique : une nouvelle méthode pour comprendre les facteurs de changement
Une étude réalisée par le N’Lab et leurs partenaires du CIRAD (UMR TETIS et UR Forêts et Sociétés) et de l’université Eduardo Mondlane à Maputo, a été publiée récemment dans la revue Land Degradation and Development.
Cette étude, réalisée dans le cadre du projet Laurel et de travaux de doctorat, visait à caractériser et cartographier les facteurs sous-jacents (anthropiques ou climatiques) de l’évolution de la productivité de la végétation (naturelle et cultivée) sur la période 2000-2016 afin d'évaluer la dégradation des terres au Mozambique. A partir de l’analyse de séries temporelles d’images satellites et d’indice de végétation, l’étude montre que 25% de la superficie du pays présente une diminution de productivité de la végétation et 3% une augmentation. Les auteurs montrent que plus des deux tiers des changements sont directement liée aux activités anthropiques (déforestation, dégradation forestière, perte de productivité des zones des prairies/pâturages…). L’étude évalue également l’impact des définitions existantes notamment celle de l’UNCCD sur l’évaluation quantitative de la dégradation des terres et met en évidence des écarts importants selon les acteurs (entre 12% et 20% des terres seraient dégradées).
L’étude s’inscrit dans le contexte de lutte contre la dégradation des terres. En effet, le Mozambique s’est engagé à fixer des objectifs pour atteindre la neutralité de la dégradation des terres d'ici 2030. Ces estimations actualisées et spatialisées sur l’état des terres au Mozambique peuvent aider les décideurs à concevoir des politiques ou des programmes nationaux et locaux pertinents pour lutter contre la dégradation des terres et cibler des zones prioritaires pour la restauration.
Figure 1: Distribution spatiale des principaux facteurs de diminution de la productivité de la végétation au Mozambique
Les diminutions de productivité de la végétation sont observées sur l’ensemble du pays (Figure 1). Les variabilités climatiques sont les facteurs dominants des diminutions dans les provinces du sud (Maputo, Gaza, Inhambane) et la déforestation le facteur dominant dans la province de Zambézie. Les augmentations de productivité de la végétation sont quant à elles principalement localisées dans le nord du pays (Niassa et Cabo delgado) et concerne des zones forestières ou de prairies (Figure 2).
Figure 2 : Distribution spatiale des principaux facteurs d’augmentation de la productivité de la végétation au Mozambique
Le résumé de l’étude est présenté ci-dessous et l’article est disponible en bas de page.